7 itinéraires de ski de randonnée faciles pour débuter

Parcours Siviez-Tortin, Nendaz

Parcours Maya-Nivo Trail, val d'Hérens

Parcours Savolaire, Morgins

Parcours Rookies, Crans-Montana

Parcours Jaun-Bärghus (Vitaski)

Parcours Les Ruinettes-Cabane Mont-Fort, Verbier

Parcours Neptune à Saint-Luc, val d'Anniviers


Invitant à la fois à se plonger dans une nature sauvage et préservée comme à la glisse dans de la neige vierge, le ski de randonnée séduit de plus en plus d’adeptes. Reste que pour se lancer sur les parcours, mieux vaut bien connaître la montagne et être correctement équipé – suivre un cours d’initiation au Club Alpin ou auprès d’un autre organisme professionnel n’est vraiment pas un luxe pour éviter les accidents. Désormais, plusieurs stations proposent en outre des parcs sécurisés, accessibles aux débutants.

L’habit fait la sécurité
Tout cela ne dispense pas les pratiquants de s’équiper, l’inconfort et le stress formant un cocktail imparable pour augmenter le risque d’accident. Au rayon vêtements, le système des couches permet de s’adapter à la température ambiante et ressentie. On vous conseille de ne pas les choisir trop serrés, car l’air isole des frimas. Glissez aussi une veste chaude dans votre sac à dos, il en existe de nombreux modèles compactables. Les indispensables? "Une veste légère, un bon pantalon de montagne non doublé, à préférer dans une matière imperméable, respirante et coupe-vent. Bien sûr, des gants, un bonnet, un protège-cou, à remonter sur le nez en cas de grand froid, une protection solaire et des lunettes de soleil catégorie 3 ou 4 ainsi qu’un casque pour la descente", résume Georges Sanga, auteur de plusieurs guides de ski de randonnée pour le Club Alpin (CAS).

"Pas question de recycler votre matériel de ski de piste"

Côté chaussures et skis, "pas question de recycler votre matériel de ski de piste, optez pour du spécial randonnée ou tout terrain", conseille notre spécialiste. Plus larges et taillés, les skis de rando assurent une meilleure portance sur la neige fraîche. Pour les fixations, les plus rigides sont à réserver aux fans de descente aguerris, les débutants se rabattront sur des modèles souples. Importants également, les bâtons, télescopiques et équipés de rondelles larges qui ne s’enfonceront pas trop. "J’emporte toujours une rondelle et une pointe de bâton de rechange ainsi que les clés nécessaires pour réparer une chaussure ou une fixation", complète Georges Sanga. Enfin, que les amis des bêtes se rassurent, les peaux de phoque sont aujourd’hui réalisées en laine – le poil long et souple garantit une glisse parfaite –, en synthétique – un matériau qui accroche bien lors de l’ascension – ou dans un mélange des deux. Attention à ne pas les monter à l’envers… et à bien les faire sécher après chaque course !

En terrain balisé
Ne partez jamais sans une carte papier au 25 000 ou au 50 000 – chez Swisstopo, ces dernières existent avec les itinéraires hivernaux ; les pentes à plus de 30% sont marquées. Ceux-ci figurent également sur des applications à télécharger sur votre portable – Swissmobile ou Swiss Map Mobile –, mais personne n’est à l’abri d’une panne de batterie, surtout par grand froid !

Le trio pelle-sonde-DVA doit impérativement se glisser dans l'équipement

Sites et applications sont en outre très commodes pour préparer une sortie. Le site de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (slf.ch et l’app White Risk) aide ainsi les randonneurs sur lattes à évaluer le danger d’avalanche. "On part sans problème lorsque le risque est compris entre 1 et 3, mais un minimum de connaissances de la région et d’expérience de la montagne sont nécessaires pour analyser correctement la situation", rappelle Georges Sanga. Déchiffrer un bulletin d’avalanche n’est en effet pas à la portée de chacun ! Des informations à compléter par les images des caméras à 360° plantées au sommet d’une foule d’installations (roundshot.com). Elles permettent de se faire en direct une idée des conditions d’enneigement et de la couverture nuageuse.

Le bison futé de la peau de phoque
Enfin, le trio pelle-sonde-DVA (pour "détecteur de victimes d’avalanches") doit lui aussi impérativement se glisser dans l'équipement de tout randonneur à skis. Grâce au détecteur, vos compagnons et les secours pourront vous repérer en cas de pépin. Il doit se porter au plus près du corps, généralement directement sur la première couche. La pelle quant à elle peut vous sauver la vie, pour creuser un trou où vous abriter du froid en attendant de l’aide. Il n’est pas inutile - et même fortement recommandé - de suivre un cours pour savoir comment utiliser ce matériel – on y apprend également à observer l’environnement.

Enfin, n’oubliez pas que, même si la nature semble déserte sous son manteau blanc, elle héberge faune et flore. Respectez les itinéraires officiels et ne vous aventurez pas dans les zones de tranquillité, vous risqueriez de déranger coqs de bruyère, lièvres et cervidés.

L'essor des randos-parcs en Suisse romande
C’est face à l’augmentation de la demande d’itinéraires de ski de randonnée que les offices du tourisme des stations ont eu l’idée de lancer des parcs. "Nous avions pris l’habitude d’orienter les gens vers les guides, mais tous n’avaient pas envie de faire un sommet", explique Michael Moret, directeur d’Anniviers Tourisme. Voilà comment les parcs ont vu le jour, majoritairement dans des zones hors risques. Morgins et Crans-Montana ont fait office de pionnières, plusieurs autres stations leur ont emboîté le pas, proposant des itinéraires balisés, créés conjointement par des guides, des montagnards et le personnel des remontées mécaniques. Celles-ci en assurent la sécurité et l’entretien. L’ascension se fait hors piste, la descente emprunte les pistes de ski. "Des montagnards aguerris les ont testés et ont reconnu avoir découvert des endroits où ils n’étaient encore jamais passés", confie Michael. Les parcours sont classés en trois niveaux en fonction de leur durée – bleu (1h30), rouge (2h à 2h30) et noir (3h30 à 4h).

Par Sylvie Ulmann - 27 févr. 2020

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