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DOSSIER | Balades - A pied | Valais

Les bisses

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Aujourd’hui les bisses font le bonheur des amateurs de balades. Toujours en eau, parcourant la forêt ou les vignes, suspendus à la montagne ou épousant gentiment le doux relief, les bisses sont une formidable invitation au voyage, entre beauté naturelle et richesse du patrimoine.

Du génie humain au regard des contraintes topographiques

C’est un paradoxe qui a fait naître dans l’esprit de quelques Valaisans l’idée des bisses au XIVe siècle. Comment affronter la sécheresse qui brûlait les prairies, alors qu’à quelques centaines de mètres au-dessus, des torrents d’eau venant des glaciers dévalaient les pentes pour rejoindre le Rhône? La construction de canaux d’irrigation était la solution toute trouvée pour développer l’agriculture paysanne et permettre notamment aux paysans d’obtenir du fourrage pour leur élevage de bovins. On les baptisa bisses en référence au mot bief qui, en ancien français, désignait un canal ou un ruisseau.

L’apogée des bisses remonte selon certains historiens au XIXe siècle. Ce système ingénieux de partage de l’eau a sans aucun doute permis le développement économique du Valais, lui garantissant ainsi une activité agricole prospère. Au début du XXe siècle, on pouvait compter quelque 1800 km de bisses dans le canton. Malheureusement les canaux sont pour la plupart tombés en désuétude et laissés à l’abandon à partir de la seconde moitié du XXe siècle. On constate depuis peu une renaissance de l’intérêt pour ces constructions du génie humain, compte tenu de leur potentiel touristique et du souci toujours plus répandu de préserver la biodiversité.

Les bisses, objets de fascination

Accrochés à la paroi de la montagne ou suivant naturellement son doux relief, en bois, en métal ou creusés dans la roche, les bisses fascinent par leur diversité et leur façon de s’accommoder avec la nature. De longueur variée, allant de quelques centaines de mètres à plus d’une dizaine de kilomètres, les bisses se caractérisent par une faible déclivité de 1 à 2% au maximum.

Parcourir un bisse constitue une expérience singulière. L’exploit technique frappe d’autant que les travaux ont été effectués dans des temps lointains et que la nature se révèle hostile. La construction des bisses met en valeur un savoir-faire technique et humain parfaitement maîtrisé, s’agissant en particulier des bisses en bois qui font la grande singularité des canaux d’irrigation du Valais.

Mais au-delà de l’édification de ce réseau si singulier, les bisses témoignent aussi d’une organisation sociale originale où l’eau, considérée comme un bien public, était gérée selon un mode communautaire par des consortages. Ces structures furent créées par des groupes d’agriculteurs dans le but de construire les systèmes d’irrigation et de se répartir les droits et les charges selon la surface et la taille du troupeau de chacun. Tous les membres du consortage élisaient un répartiteur, chargé de distribuer l’eau entre les irrigants, et formulaient des règles très strictes pour limiter les conflits. Chacun exerçait un contrôle mutuel important. Aujourd’hui, les règles ont évolué et prennent en considération les fonctions touristiques et environnementales des bisses.

Balades et rando: vers un renouveau des bisses

Depuis quelques années, les bisses bénéficient d’un regain d’estime de la part du grand public. A la croisée des chemins entre patrimoine et nature, ils constituent des itinéraires touristiques riches de la diversité des paysages traversés et sont particulièrement bien adaptés aux balades en famille. Exception faite évidemment des bisses accrochés à la montagne, peu conseillés aux enfants et aux acrophobes !

Mais au-delà de ce potentiel touristique, la valeur patrimoniale des bisses, le souci de conserver cet héritage et de préserver la biodiversité expliquent l’intérêt du public pour ces constructions d’un autre âge. La vision de l’eau, en tant que ressource naturelle essentielle à la vie, a grandement évolué au cours des dernières années, et sa conservation est aujourd’hui au cœur du débat politique et des préoccupations de beaucoup. Les bisses non seulement contribuent à canaliser cette ressource mais aussi à maintenir la biodiversité des prairies, d’où leur importance essentielle pour le Valais.

Du musée au patrimoine mondial de l’Unesco

Deux initiatives témoignent de cette renaissance des bisses, à savoir l’ouverture d’un Musée des bisses et l’élaboration d’un projet pour les faire inscrire au Patrimoine mondial de l’Unesco. A partir du 23 mai 2012, le Musée des bisses ouvre ses portes dans la « Maison Peinte » d’Ayent. Dans cette demeure datant du XVIIe siècle, près d’une dizaine de salles raconteront les bisses, depuis leur création jusqu’à aujourd’hui. Une multitude de documents écrits, de photographies, de vidéos témoigneront de cette folle aventure où seront abordées les techniques de construction, les traces de la mémoire collective valaisanne ainsi que l’importance de l’eau dans la vie de l’homme. Des outils pédagogiques seront mis en place à destination du public, à l’instar des aménagements extérieurs où un répartiteur d’eau permettra à chacun de jouer avec l’eau des bisses. L’objectif pour Armand Dussex, à l’origine du projet, est de transmettre l’héritage de ce patrimoine matériel et immatériel en évoquant toute la dimension culturelle des bisses.

L’inscription des bisses au Patrimoine mondial de l’Unesco est aussi à l’ordre du jour pour le Canton du Valais. Un projet en ce sens devrait être soumis en 2014 à la Confédération. Trois systèmes d’irrigation font déjà partie du Patrimoine mondial de l’Unesco (en Chine, à Oman et en Iran) et selon les autorités compétentes, les bisses du Valais apporteraient un caractère novateur du fait de leur situation en montagne, de l’usage du bois dans les techniques de construction et de l’organisation en consortages. Une affaire à suivre...

Par Rédaction - Créé le 17 juil. 2014 - Modifié le 13 avr. 2017

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