20 spécialités culinaires incontournables à goûter en Suisse romande

Vous pensiez vraiment que notre gastronomie s'arrêtait à la fondue et à la raclete ?

Des douceurs croustillantes aux plats mijotés qui réchauffent le coeur, chaque canton cache des trésors gourmands à savourer en famille. Loisirs.ch a déniché des spécialités qui feront saliver les petits gourmets comme les grands gastronomes…

Les spécialités du canton de Neuchâtel
Les spécialités du canton de Fribourg
Les spécialités du canton du Jura
Les spécialités du canton du Valais
Les spécialités du canton de Vaud

Les spécialités du canton de Neuchâtel

Entre saucissons, vins et autres délices, le canton de Neuchâtel dévoile tout un terroir à savourer. © Martin Weiss

Le saucisson neuchâtelois

Incontournable des montagnes neuchâteloises, le saucisson séduit par sa chair généreuse et son goût relevé. Élaboré à base de viande de porc agrémentée de sel, de poivre, d’ail et fumé au feu de bois, il dévoile une peau dorée qui met l’eau à la bouche.Traditionnellement servi chaud avec des pommes de terre ou une salade, le saucisson neuchâtelois représente une tradition pleine de goût !

La torrée neuchâteloise

Qu’il est savoureux de perpétuer une tradition ! La torrée, parfois appelée « feu de berger », cultive simplicité et convivialité. On se retrouve en pleine nature pour cuire un Saucisson neuchâtelois IGP directement sous la cendre. Le saucisson, parfois enveloppé de feuilles de chou, est emballé dans du papier de boucherie puis du journal, avant d’être enfoui sous les braises. À côté, les pommes de terre cuisent dans la chaleur diffuse. Et pendant ce temps, on profite. Car la torrée, c’est autant l’attente que le repas.

Traditionnellement pratiquée en automne, après le retrait des troupeaux, elle se vit aujourd’hui presque toute l’année. Pensez à choisir un endroit éloigné des arbres et délimitez le foyer avec des pierres. Un petit oiseau bien renseigné nous a soufflé quelques spots : La Robella, le Communal de La Sagne, Mont Racine ou encore le Pré-Louiset.

La palée (ou la féra)

Palée ou féra ? Accrochez-vous, l’histoire a quelques arêtes. À Neuchâtel, la palée n’a jamais quitté les assiettes. Fine et délicate, elle est ancrée dans le quotidien depuis fort longtemps. C’est sur les rives du Léman que l’histoire prend un autre tournant. La féra y disparaît au début du XXᵉ siècle, victime de la surpêche. Pour la remplacer, on introduit la palée… qui finit par reprendre son nom. Techniquement donc, dans le canton de Vaud, on mange un fantôme avec une nouvelle carte d’identité !

Aux fourneaux pourtant, le geste rassemble. À la neuchâteloise, la palée est nappée d’herbes, arrosée de vin blanc, puis cuite au four. Le jus est ensuite réduit avec un peu de crème pour donner une sauce délicate, souvent accompagnée de pommes vapeur.

Le chapelon

Le chapelon de Neuchâtel, avec sa chair tendre et fondante, a su s’imposer comme une volaille d’exception. Issu d’élevages respectueux du bien-être animal, ce jeune coq élevé en plein air incarne le savoir-faire et la tradition gourmande du canton. Rôti, mijoté ou cuisiné avec des herbes, il trouve sa place aux repas de fête comme aux tablées quotidiennes. Et pour un accord met-vin complet, le chapelon s’accorde parfaitement avec le pinot noir, dont la finesse souligne la tendreté de la volaille.

D’autres spécialités pour faire danser vos papilles

Le rösti neuchâtelois
Bien doré, le rösti est cuit à la poêle jusqu’à former une galette croustillante. Parfois accompagné de lardons, d’un saucissons ou d’oignons, il devient le plat incontournable de l’hiver.

Le jambon cuit dans l’asphalte
Désossé et enveloppé dans du papier gras, le jambon est ensuite cuit dans un bain d’asphalte en fusion, ce qui lui permet de garder tout son goût. Le résultat : une viande savoureuse et bien aromatisée.

Les tripes à la neuchâteloise
Du mythe à la marmite, les tripes neuchâteloises mijotent leur réputation. On murmure que Fritz Courvoisier, figure de la révolution, en aurait dégusté juste avant de lancer l’assaut, un certain 1er mars 1848. Contrairement aux idées reçues, elles n’ont rien de pesant. Leur secret ? Une cuisson lente dans un bouillon parfumé aux épices et aux légumes, qui leur donne toute leur finesse. Le plat des héros !

L’absinthe du Val-de-Travers
On dit qu’elle a le goût de l’interdit… Née à Couvet, l’absinthe incarne l’esprit rebelle de la vallée. Star des comptoirs du XIXᵉ siècle, elle est interdite en 1910, après un sordide fait divers. Un ouvrier vaudois tue sa famille après une journée d’excès. On accuse la thuyone, composant de l’absinthe, de rendre fou. Officieusement ? Elle continue de se distiller clandestinement et ses bouteilles sont cachées au pied des arbres et des fontaines. Légale depuis 2005, la Fée verte n’a rien perdu de sa magie !

Les spécialités du canton de Fribourg

Le canton de Fribourg a de quoi satisfaire toutes les faims ! © Fribourg Terroir

Édition spéciale Bénichon

Née du latin benedicto, la Bénichon célébrait à l’origine la bénédiction de l’église. Une fête religieuse… rapidement débordée par sa version profane. Trop de danse, trop de vin, trop de jours chômés, à tel point que les autorités ont dû canaliser l’enthousiasme et fixer un calendrier. Septembre pour la plaine, octobre pour les régions alpines.

L’essentiel est ailleurs. La Bénichon marque la fin des travaux agricoles, le retour des troupeaux et surtout le moment où l’on se retrouve. Familles, amis, voisins, tout le monde s’attable. Et quelle table !

Le repas de Bénichon, attesté dès 1852, déroule un marathon épicurien. Son menu étale ses classiques avec une précision presque cérémonielle. Cuchaule AOP et moutarde pour ouvrir. Puis bouillon, bouilli, légumes, ragoût.

Le Jambon de la Borne AOP (fumé comme autrefois dans les fermes) trône au centre, escorté de saucisson et de lard. Le gigot suit, les Poires à Botzi AOP adoucissent.

Et le dessert alors, diront les optimistes ? Une avalanche. Meringues à la crème double, bricelets croustillants, beignets, pains d’anis… Une bénédiction, oui, pour les papilles !

Aujourd’hui encore, la fête vit pleinement dans le canton de Fribourg. Course de charrettes à foin à Charmey, tractobénichon à Corserey, lancé de la cuchaule (ou du moins une reproduction en épicéa) à Attalens ou même sandwich de la Bénichon, les fêtes innovent. Heureusement que l’appétit vient en mangeant, n’est-ce pas ?

La Cuchaule AOP

Née dans les campagnes fribourgeoises, la Cuchaule est mentionnée dès 1558. À une époque où le pain quotidien était sobre et rustique, cette brioche dorée incarnait le luxe des jours de fête : farine, beurre, lait et surtout safran, épice rare déjà importée par les marchands locaux au XVe siècle. À la Bénichon, elle ouvre le repas, indissociable de la moutarde de Bénichon, dont les notes sucrées et épicées réveillent sa douceur.

Poire à Botzi AOP

Reine des vergers fribourgeois, la Poire à Botzi est une survivante. Fragile, elle a bien failli disparaître avant d’être reconnue et protégée. Sa particularité ? Pousser en grappes, d’où son nom issu du patois local. La légende raconte que des mercenaires l’auraient jadis rapportée de la région de Naples. À la Bénichon, elle accompagne le ragoût d’agneau, sa saveur subtile et légèrement acide contrebalançant la richesse du plat.

D’autres spécialités pour faire danser vos papilles

Le boutefas

Star du terroir fribourgeois, le boutefas n’a pas son pareil pour réchauffer les tablées ! Avec son allure dodue et sa peau luisante, ce cousin du saucisson se retrouve enveloppé dans une panse naturelle. Le résultat ? Une chair tendre au goût fumé, qui rappelle subtilement les forêts de sapins. Servi chaud avec des pommes de terre, il tient une promesse : en Suisse, on ne plaisante pas avec les traditions culinaires !

Les macaronis du chalet à la crème

Semblables à un doux câlin, les macaronis du chalet à la crème réconfortent aussi bien les randonneurs que les gourmets en quête de tradition. Ces pâtes rustiques, cuites dans dans du lait et nappées de crème double, se dégustent avec des pommes de terre et des oignons dorés pour un mariage fondant et croquant. De quoi ravir les enfants qui réclament des pâtes comme les parents qui recherchent le réconfort d’un bon plat de montagne.

Le gâteau du Vully
Délice gourmand typique du canton, le gâteau du Vully se prépare de manière simple avec une pâte levée, des oeufs, du sucre et de la crème, mais il en existe une version salée avec des lardons et des graines de cumin

Le jambon de la borne
Frotté avec du sel et des épices, puis brossé à la main et enfin fumé durant trois à huit semaines, le jambon de la borne est un véritable jambon carné.

Les spécialités du canton de Genève

La longeole, spécialité typique du canton de Genève, ravira petits et grands estomacs. © Familie Jurabogen

La longeole

La longeole n’a pas son pareil pour régaler les grandes tablées ! Sous son habit rustique se cache un mélange de porc et de graines de fenouil qui lui donnent un parfum typique. Les couennes qui font partie de sa composition imposent une cuisson très lente (entre deux et trois heures), ce qui permet à la chair de devenir tendre et savoureuse. Accompagnée de cardons épineux de Plainpalais ou de lentilles, la longeole se déguste en bonne compagnie lors des froides journées d’hiver.

La fricassée genevoise

Que se passe-t-il lorsqu’on réunit ce que la tradition culinaire de Genève possède de plus gourmand ? La fricassée genevoise ! Ce plat marie habilement porc et abats assaisonnés à point, souvent relevés d’un peu de vin et de fines herbes, pour une explosion de saveurs. Après avoir mariné pendant 48 heures, la viande est cuite avec des oignons et des lardons avant d’être servie avec des pommes de terre ou du pain. Un véritable plat d’hiver qui fait voyager au coeur de la campagne genevoise.

Le cardon épineux genevois AOP

De Plainpalais aux fins palais. Un peu sauvage, couvert d’épines, le cardon ne passe pas inaperçu. Originaire du bassin méditerranéen, déjà apprécié des Romains, il arrive à Genève au XVIe siècle dans les bagages des réfugiés huguenots. Entre l’Arve et le Rhône, les maraîchers vont peu à peu dompter ce qui deviendra le cardon de Plainpalais.

Car sa culture est difficile et son blanchiment exige du temps pour adoucir son amertume. Essayez de rempoter un cactus et vous comprendrez pourquoi… Mais une fois préparé, il révèle une texture croquante et un goût subtil, quelque part entre l’artichaut et le céleri. Symbole local fort, il devient en 2003 le premier légume suisse à obtenir une AOP !

Les rissoles aux poires

Les rissoles genevoises s’inscrivent dans une tradition ancienne de chaussons. Leur secret tient à des variétés de poires bien particulières (Marlioz ou Livre). Trop fermes pour être croquées, elles nécessitent une longue cuisson pour donner cette farce parfumée et légèrement caramélisée.

Autrefois préparées pour les fêtes de fin d’année, les rissoles se font aujourd’hui plus rares, avec la disparition progressive des variétés de poires qui leur étaient dédiées. Bonne nouvelle pour les nostalgiques : pour les faire revivre, la Fondation ProSpecieRara œuvre à la revalorisation de ces variétés oubliées. L’objectif ? Voir un jour les rissoles retrouver leur place dans les tea-rooms !

D’autres spécialités pour faire danser vos papilles

Le sangler genevois
Ici, le sanglier ne se tue pas (la chasse est interdite à Genève depuis 1974), il se prélève ! Les bêtes, qui profitent de la riche campagne du canton, se dégustent dans quelques établissements triés sur le volet

Le bison local
Oui, le bison pâture dans le Far East genevois, à Collex-Bossy, où on l’élève depuis 35 ans. L’auberge du village le prépare en tartare, en saucisson, en chateaubriand ou en burger

Le Milan
Sous son glaçage rouge un peu militaire, le Milan joue la carte de la discipline. Sablé net, confiture framboise et abricot, rien ne dépasse. Il porte aussi le nom de Général Henri Dufour et ça lui va plutôt bien. Le genre de gâteau que l’on ne croise pas par hasard en vitrine. Heureusement, nous avons une adresse…

Les spécialités du canton du Jura

Avec la Tête de Moine, c’est tout le terroir jurassien qui se dévoile. © Christian Klose

Le menu de la Saint-Martin

Pour vous donner un ordre de grandeur, on y consomme environ 1 kg de cochon par personne ! À l’origine, la fête rendait hommage à Saint Martin de Tours, ce soldat qui partagea son manteau avec un indigent. En Ajoie, on a gardé l’esprit de partage, mais c’est désormais le cochon qui rassemble.

Une tradition héritée d’un autre temps, quand on bouchoyait l’animal avant l’hiver. Alors on cuisinait tout. Les morceaux nobles, mais aussi les pieds, la tête, le groin. La gelée de ménage et le boudin à la crème racontent cet art de ne rien perdre. Vient ensuite une farandole gargantuesque de choucroute garnie, grillades et rôti… Si une halte s’impose, la Damassine donne le coup du milieu. Puis, le toétché vient clore la fête… ou pas. Car on remet ça le week-end suivant, pour le Revira ! Heureusement, tout est bon dans le cochon !

Pâté des Princes-Évêques

C’est l’histoire d’un pâté qui a trop bien réussi. Né dans des maisons bourgeoises de Porrentruy, il a vu fleurir des dizaines de versions, pas toujours fidèles. Le vrai ? Une farce mêlant foie, mie de pain et œufs, des viandes de veau et de porc longuement marinées. Plus fin, il joue dans un autre registre que les pâtés de la Saint-Martin, largement dominés par le porc.

La saucisse d’Ajoie

Fierté charcutière du canton, la saucisse d’Ajoie se reconnaît à son goût de cumin, qui lui donne toute sa personnalité. Préparée depuis le XIXe siècle et fumée au bois de résineux, elle associe viande de porc et épices comme le cumin, le poivre blanc et l’ail pour offrir une texture savoureuse et un parfum boisé. Grillée, au four ou en cocotte, elle s’accompagne de pommes de terre ou de choucroute.

Les striflates

À en croire les anciens, elles auraient traversé les âges. Dès le XVIIIᵉ siècle, des beignets à l’entonnoir sont mentionnés à Neuchâtel. Une tradition qui s’est depuis effacée dans ce canton, mais qui résiste côté jurassien. Composées de farine, d’œufs, de lait et d’une louchée de kirsch, les striflates relèvent d’un vrai savoir-faire. Versée à l’aide d’un entonnoir, la pâte dessine une spirale directement dans l’huile chaude. Autant vous dire que cela demande du doigté.

Autre curiosité : à l’origine, elles n’étaient pas un dessert. Servies natures, parfois avec de la purée de pommes, elles faisaient office de repas simple pour les travailleurs des champs. Aujourd’hui, on les croise encore lors de fêtes locales, plus rarement en boulangerie.

La Tête de Moine

Fromage emblématique du Jura, la Tête de Moine se distingue par sa manière unique de se déguster : plutôt que de se couper en tranches, elle se racle à l’aide d’une girolle pour former de délicates rosettes. La preuve que ce fromage unique s’apprécie aussi bien avec le palais qu’avec les yeux ! Crémeuse et légèrement relevée, la Tête de Moine s’invite sur les planches apéritives comme aux grandes occasions.

D’autres spécialités pour faire danser vos papilles

Le toétché
Avec sa pâte briochée et sa crème acidulée, le toétché se savoure aussi bien à la fin d’un repas qu’en apéritif puisqu’il s’agit d’un gâteau à la crème… salé !

Le jambon à l’os
Servi chaud, froid ou en buffet, le jambon à l’os jurassien est élaboré selon un savoir-faire traditionnel qui veut qu’il soit salé, épicé et lentement fumé au bois de résineux, ce qui lui confère un goût unique.

Damassine AOP
On raconte que des Croisés auraient rapporté de Damas une petite prune rouge, intensément parfumée. En Ajoie, elle s’est enracinée dans les sols calcaires, avant de passer à l’alambic. De cette rencontre est née la Damassine AOP, l’eau-de-vie signature du Jura.

Les spécialités du canton du Valais

Le choléra, malgré son nom, saura vous charmer lors de votre séjour en Valais. © Valais-Wallis Promotion – Sedrik Nemeth

Le vin du Glacier

« Pour boire du glacier, il faut quitter la plaine… », chantait Léo Devantéry. Et pour cause, certaines traditions ne quittent pas la vallée. Mûri dans des caves d’altitude, ce vin unique repose dans des fûts de mélèze qui ne sont jamais entièrement vidés. Chaque année, on les complète avec du vin plus jeune. Résultat : un vin puissant et qui n’a pas d’âge, ou plutôt, tous les âges à la fois. Certains fûts contiennent encore des traces du XIXe siècle !

Mais pour y goûter, il faut d’abord s’initier. Car le vin du Glacier ne s’achète pas, il se déguste directement à la cave, souvent tiré au tonneau. Trinquez à l’anniviarde !

La fondue glareyarde

Une appellation déposée par un restaurateur sédunois, comme son nom ne l’indique pas ! La paternité de la fondue glareyarde se discute encore aujourd’hui autour des tablées. Sierre ? Sion ? Au cœur du récit, Robert Salamin, boucher et surtout fin connaisseur des saveurs locales.

À la demande d’un restaurateur sierrois en quête d’un plat pour les repas de fin d’année, il imagine une marinade inspirée de la viande séchée. Des épices, des herbes et une eau-de-vie gardée secrète, la fondue chinoise du Valaisan était née. Le nom, lui, ne laisse aucun doute. La glareyarde vient de Glarey, un quartier de Sierre. De quoi alimenter encore cette querelle de clocher. Mais autour du caquelon, son goût met tout le monde d’accord !

Le choléra

Si pour vous le choléra évoque une maladie bactérienne peu ragoûtante, en Valais il s’agit d’une savoureuse tarte aux pommes de terre et aux poireaux. Cependant, son nom fait effectivement référence à l’épidémie de choléra de 1836, qui avait interrompu les échanges commerciaux locaux, obligeant les montagnards à improviser un plat avec les denrées qu’il leur restait. C’est ainsi que cette tarte, qui contient des pommes de terre, des oignons, des poireaux, du fromage d’alpage et des pommes ou des poires (oui oui) est devenue un plat incontournable de la vallée de Conches.

Les kenèfles

À mi-chemin entre les spätzlis et les gnocchis, les kenèfles (à prononcer keunèfleu si vous ne voulez pas vous mettre les Chamosards à dos) font la fierté de la région de Chamoson. Ce plat typique des lieux, très souvent accompagné de pommes de terre, d’oignons et gratiné au four avec du fromage à raclette, met du baume au coeur (et à l’estomac) lors des froides journées hivernales.

D’autres spécialités pour faire danser vos papilles

Les cordons-bleus valaisans
Une fine tranche de porc panée, généreusement garnie de viande séchée du terroir et de fromage à raclette : et si c’était à ça que ressemblait le bonheur ?

La tourte à l’abricotine
Avec sa meringue aérienne, son biscuit aux amandes croquant et son abricotine parfumée, ce dessert valaisan promet d’être le point d’orgue de vos repas

Pain de seigle valaisan AOP
Du gel aux étés qui cognent, le seigle est la seule céréale à tenir tête aux extrêmes valaisans. Nourrissant, ce pain a longtemps fortifié le quotidien des montagnards. Sa recette suit des règles simples et strictes : farine, eau, sel, levure, levain. Dans une assiette valaisanne, il est le parfait équilibre.

Salée du Val d’Illiez
Derrière cette spécialité se cache une femme. Adrienne Donnet, boulangère à Troistorrents, dont les lindena (ainsi nommées en patois) faisaient accourir toute la vallée au début du XXe siècle. Levons le doute : la salée, avec son beurre fondant et sa pointe de cannelle, est bel et bien sucrée. À déguster de préférence encore tiède.

Les spécialités du canton de Vaud

À la fois tendres et croquants, les malakoffs représentent parfaitement le terroir vaudois. © Colin Jollien OTV

Le Vacherin Mont-d’Or AOP

Avec sa sangle d’épicéa et sa boîte en bois, le Vacherin Mont d’Or AOP ne ressemble à aucun autre fromage. Il n’apparaît que de septembre au début du printemps. Né dans la vallée de Joux, son origine remonte au moment où, en fin de saison, le lait manquait pour préparer de grands fromages. On a alors imaginé ces petits vacherins… des deux côtés de la frontière.

En Franche-Comté, on défend bec et ongles le Mont d’Or. Même famille, mais pas tout à fait le même caractère. Là-bas, croûte blanche et lait cru. Ici, croûte dorée, lavée et lait thermisé. Amis romands, si le nôtre est meilleur (évidemment !), un détail unit les cultures : une fois passé au four, avec un peu d’ail et de vin blanc, il est irrésistible.

Les Bouchons vaudois

Pour une fois que le goût de bouchon n’est pas problématique ! Réunis autour d’une fondue en 1948, les confiseurs vaudois cherchent leur spécialité signature. L’inspiration divine vient d’une bouteille posée sur la table : « Nous ferons des bouchons ! »

Derrière leur forme simple se cache un travail d’orfèvre. Fabriqués exclusivement à la main, les bouchons mêlent une pâte fine à un cœur fondant d’amandes caramélisées et de chocolat. À l’origine, chaque pièce contenait une amande entière. Clins d’œil à la tradition viticole, ils inversent aussi une vieille expression. Autrefois, on disait d’une personne au lendemain difficile qu’elle n’avait sûrement pas sucé des bouchons…

Les malakoffs

Croustillants dehors et fondants dedans, les malakoffs sont de petites merveilles venues de La Côte. Ces beignets de fromage parfumés au vin blanc se savourent chauds, laissant le coeur de gruyère se mêler à la pâte légère et croustillante. Nés au XIXe siècle et inspirés d’une recette de soldats revenus de la guerre de Crimée, les malakoffs se sont imposés comme une spécialité régionale. Accompagnés de cornichons et de de vin blanc, ils transforment chaque bouchée en un hymne au terroir vaudois.

La saucisse aux choux

Impossible d’évoquer la gastronomie romande sans penser au papet ! Plat paysan par excellence mêlant poireaux, pommes de terre et saucisse aux choux, il réchauffe aussi bien l’estomac que le coeur. Fiers de cette spécialité, les vaudois la mettent à l’honneur le premier vendredi du mois d’octobre. À cette occasion, les bouchers du canton offrent une portion de papet aux amateurs qui se pressent devant leur enseigne.

D’autres spécialités pour faire danser vos papilles

Le Giscard
Délicat mélange de chocolat croquant et de caramel fondant, le Giscard (originellement appelé le rigoletto) doit son nom à Valéry Giscard d’Estaing qui, lors d’une visite en Suisse, tomba sous le charme de cette douceur.

Le taillé aux greubons
Né au XIXe siècle dans les campagnes vaudoises, cette spécialité associe les restes croustillants de graisse de porc fondue (les greubons) à une délicieuse pâte levée.

L’Étivaz AOP
L’Étivaz AOP est fabriqué uniquement en été, entre 1000 et 2000 mètres d’altitude. Son secret ? Un lait cru transformé directement sur l’alpage, dans des chaudrons en cuivre chauffés au feu de bois. Après plusieurs mois d’affinage, il développe une pâte ferme, fruitée, aux notes de noisette avec une légère touche fumée.

Tarte à la raisinée
Vous dites plutôt raisinée comme les Vaudois ou vin cuit comme les Fribourgeois ? Promis, on ne tranchera pas cette chamaillerie centenaire… Derrière ces appellations, la très longue réduction d’un jus de pommes et/ou de poires. À tel point que son nom viendrait de « vingt fois cuit ». Mythe ou réalité, c’est ce sirop qui donne à la tarte ses notes caramélisées et acidulées.

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