


Archives
Sondage
Loisirs.ch n°7 - été 2010
Créativité
|
L’été, on aime se promener en forêt, à la campagne ou dans des expositions en plein air. L’esprit vole au vent et il suffit d’une étincelle pour que chacun laisse parler ses envies créatrices. Quelques pistes pour faire de la nature un atelier géant. |
| TEXTE: Maxime Pégatoquet |
Les plus grands s’appellent Christo et Jeanne-Claude, Walter De Maria, Jan Dibbets, Richard Fleischner, Hamish Fulton, Andy Goldsworthy, Nils-Udo, Nancy Holt, Richard Long, Robert Morris, Dennis Oppenheim, Robert Smithson ou Alan Sonfist. Mais ils peuvent aussi se prénommer Mehdi, Marie, Thibault et Pierrette quand ils font des châteaux de sable au bord de la mer ou qu’ils empilent des dizaines de galets afin de recréer la skyline new-yorkaise au bord du Lac Léman. L’imagination n’a pas de limites et c’est bien pour cette raison que le landart est une aussi belle source de potentialités. Tout est dans la tête. Un caillou ricochant à l’infini sur une étendue d’eau lissée par le soleil et voici votre rejeton promulgué au rang d’artiste majeur! |
| La nature, terrain de jeu |
Mais, au fait, c’est quoi le landart? De l’art environnemental. Oui, mais encore? Une manière de jouer avec son environnement dans le respect de la nature, d’utiliser ses ressources, galets, branches, feuilles, mousse, fruits des bois ou pives, etc, afin de la sublimer. De s’émerveiller encore un peu plus d’un miracle déjà permanent. Remémorez-vous la récente édition de Lausanne Jardins et vous aurez déjà une idée plus précise (www.lausannejardins.ch). Dans leurs périples, les marcheurs, trekkeurs et autres arpenteurs de la montagne y sont régulièrement confrontés lorsque, sur des chemins, ils trouvent des cairns, ces structures de pierres qui résistent à tous les vents afin de servir de guide visuel quand les repères viennent à manquer. A ce propos, plongez-vous dans l’excellent livre d’Alexandre Chollier (Autour du cairn) qui vient tout juste de sortir aux éditions genevoises Héros-Limite. Extrait: «Quelques pierres empilées suffisent et voilà déjà devant vous le repère, la borne, la trace. L’artefact est en réalité si modeste et si fruste qu’il reste toujours à portée de main. Peut-être en va-t-il ainsi depuis toujours? Si sa figure se fait à l’occasion silhouette, ses noms ne manquent pas d’indiquer l’essentiel et de dessiner un monde où l’humain et le non-humain deviennent solidaires l’un de l’autre.» |
|
| Le landart appliqué aux enfants, pourquoi c’est bien? |
C’est une expérience de la nature: quand on fait du land art, on peut travailler par tous les temps, on sent «les rayons chauds du soleil comme le froid qui saisit les doigts». Ca développe la créativité: avec trois fois rien, éventuellement un couteau suisse, il faut pouvoir se débrouiller uniquement avec ce qui nous entoure. Des épines peuvent servir de clous, des lianes servir de cordes, mais il faut faire preuve de système D façon McGyver. Il permet de prendre son temps: quand on est en pleine nature, on oublie pour un moment les contraintes de sociétés qui semblent en manquer de plus en plus. C’est physique: s’il n’y a pas besoin de soulever des montagnes ou de détourner des bras de rivière, il s’agit quand même de se bouger pour trouver les matériaux nécessaires à mettre en application les objectifs fixés. Cela demande de la concentration: «Le land art nécessite de se limiter à l’essentiel». Et parfois, certaines réalisations sont de vrais exercices d’équilibriste. Cela stimule le dialogue: on peut bien évidemment créer une oeuvre de son propre chef. Mais on peut aussi agir de concert avec toute une ribambelle d’ami(e)s. |
| Le jeu du «je» |
Au niveau du landart, on peut considérer que le pape en est Andy Goldsworthy, même si, dans un autre genre, Christo et Jeanne -Claude font rarement dans la demi-mesure quand il s’agit d’emballer le Pont- Neuf parisien ou de disposer des collerettes rosées autour des îles de Key Biscayne. Auteur de nombreux ouvrages de référence, Goldsworthy a semé dans les Alpes de Haute- Provence sept «Refuges d’art» et trois «Sentinelles» ponctuant un sentier de 150 km de randonnée. Initiatrice de ce projet, Nadine Gomez, conservatrice du musée Gassendi expliquait à ce propos dans le journal Libération: «On vient voir des oeuvres et on découvre autre chose.» Car, au final, c’est toujours elle qui se révèle dans toute sa grandeur. Dame Nature. Du reste, Goldsworthy n’a pas un discours différent: ce qui l’intéresse dans son travail, ce ne sont pas ses sculptures, «c’est le paysage lui-même ». Car le landart, c’est la projection de votre imaginaire sur la nature qui vous entoure. L’appropriation des éléments. |
| Complètement écologique |
l’extrême, un Petit Poucet semant ses cailloux à l’insu de son père participe du même trend! Entièrement tournée vers l’écologie, elle est aussi symbole d’une économie de moyens pas limitatrice au niveau de la créativité, d’observation et d’effacement. On peut pratiquer cette activité avec une idée claire en tête, ou bien de manière tout à fait spontanée. Ce qui donnerait quelque chose comme «Je me promène, donc je stimule mes sens», entre déambulation péripatéticienne et réflexion descartienne. Pour Andreas Güthler et Kathrin Lacher, auteurs du livre Landart avec les enfants, il s’agit d’«une activité artistique qui permet de s’épanouir ou simplement de se détendre (...). Dans le domaine du landart, il n’y a ni vrai, ni faux, ni notes ou autres évaluations. Les feuilles ne manquent jamais, les plumes ne s’émoussent pas, les couleurs ne sèchent pas, la main fait office de gomme, et le matériel est abondant». |
| N’oubliez pas d’immortaliser «l’oeuvre»! |
Last but not least, pensez à emporter un appareil photo. Car toute oeuvre d’art a le droit d’être immortalisée. Pour intégrer son musée personnel, pour illustrer une carte de voeux ou pour devenir fond d’écran... |
| À lire |
«Landart avec
les enfants» «Artistes de nature» «Refuges d’art» «Land Art»
|
| POUR LES PLUS PETITS |
La longue-vue: A l’aide d’une feuille de papier A4 roulée en tube ou d’un rouleau en carton de papier ménage, on peut se concentrer sur des détails et observer/ découvrir des phénomènes naturels précis. La main aveugle: On glisse dans un sac différents objets récoltés aux alentours pendant des promenades ou dans son jardin et, à tour de rôle, les enfants doivent y plonger la main (sans regarder à l’intérieur) et deviner quel objet ils sont en train de toucher. Le jeu des erreurs: Dans un périmètre déterminé, on dissémine un ou deux intrus que l’enfant devra retrouver en tant qu’indésirable (un papier de bonbon par terre, une pierre déposée sur une branche, etc.). |
| DE 3 À 6 ANS |
Animaux de pierres: Avec de petits cailloux placés en file indienne, on peut imaginer un serpent. Une pierre plus grosse peut faire le corps d’un rongeur quand d’autres, plus petites, serviront à symboliser les pieds, les oreilles ou les yeux. On peut aussi imaginer une montagne ou un chemin de galets et raconter l’histoire du Petit Poucet.
Monstres de glaise: Comme on réaliserait un bonhomme de neige, là on se sert de la glaise des bords de rivière pour créer un visage à même le sol. Les feuilles peuvent servir à faire les yeux, des pommes de pins feront les sourcils quand les cheveux seront constitués d’une foule de brindilles. Canapé de branchages: Pour créer l’assise et le dossier, on a tout d’abord besoin de belles grosses branches sur lesquelles on ajoutera de plus petites ainsi que des brindilles. Et, afin que le canapé soit le plus doux possible, on peut mettre une couche de mousse et d’herbe, voire de feuilles. |
| DE 6 À 11 ANS |
La brochette de feuilles: Afin de nourrir les esprits de la forêt, on peut leur préparer des brochettes constituées de différentes feuilles trouvées sur place, voire y ajouter des grappes de baies tenues par des ficelles de paille. Les planter ensuite à la verticale afin que les esprits ne loupent pas ce festin laissé à leur intention. La maison de poupées: Pour la maison elle-même, il faut trouver une belle souche, si possible excavée. Il faut ensuite réaliser le mobilier... quatre brindilles et une feuille font une table, une clochette tenue par un minituteur fera une très belle lampe de salon, des bouts d’écorce feront de très honorables tabourets. Libre à eux ensuite d’y faire déambuler leurs personnages ou de laisser cet habitat aux habitants de la forêt. Le pipeline de pissenlits: On ramasse un maximum de pissenlits, on les étête. A l’aide d’une paire de ciseaux, on coupe et on emboîte les tiges les unes dans les autres. Une fois le tout assemblé, on installe la structure sur un plan incliné et on introduit des filets d’eau au moyen d’une seringue jetable |
Suivez-nous !







NEWSLETTER
RSS

Envoyer à un ami
Imprimer






