


Les dossiers
Cueillette

Le goût du bonheur
Envie de retrouver le goût de l’été, avec ses fruits juteux arrachés aux bosquets, les promenades entre les branches basses des vergers, les brassées de fleurs ramassées en chemin ? Entre autocueillette, balades aromatiques et cuisine sauvage, renouez avec le paradis perdu…
TEXTES : EMILIE BORÉ
Pour lutter contre l’énergie grise ( carburant utilisé pour l’importation de fruits et légumes ) et redorer le blason d’une production locale de saison, les agriculteurs romands proposent des formules très attrayantes : agriculture contractuelle, marchés, vente directe à la ferme, paniers du terroir… Parmi elles, plus sportive que la livraison d’un panier fermier, plus goûteuse et moins coûteuse que des courses en grande surface ( jusqu’à moitié prix ! ), c’est l’autocueillette qui récolte tous les suffrages des adeptes de loisirs en plein air et de vie saine.
L’autocueillette
Quand bien manger devient un loisir
Au-delà des considérations de prix et de qualité – pas de transport, pas de chambre froide, le goût « du jardin » –, c’est l’aspect ludique qui semble réjouir la race de « consomm’acteurs » que sont les autocueilleurs. Dans la mouvance du goût pour le retour à la nature, l’autocueillette rejoint en effet les plaisirs de l’agrotourisme : vie au grand air, reprise des gestes ancestraux, fierté d’avoir récolté ce que l’on mange, convivialité de la vie rustique.
L’agriculteur met des parcelles à disposition du public qui cueille ce dont il a besoin dans des paniers, parfois prêtés par la ferme. En général, les prix sont indiqués au kilo aux abords de la plantation et le producteur encadre les cueilleurs. A l’issue, il suffit de peser sa récolte et de la payer, soit auprès du propriétaire, soit dans une urne, selon un principe ( souvent payant ! ) de confiance. Dans la plupart des cas, un répondeur téléphonique actualisé quotidiennement en saison permet aux potentiels visiteurs de savoir ce qu’il reste à cueillir dans l’exploitation…
Qui mange des fraises
en février aura la grêle
dans son panier !
dicton Loisirs.ch
Les vedettes de l’autocueillette estivale sont sans conteste les fraises, talonnées par tous les « petits fruits » qui servent à faire des confitures. On trouve ensuite les herbes aromatiques, les légumes puis les fleurs. Bien souvent, les fermes possèdent des animaux, condition idéale pour occuper le fruit de vos entrailles pendant que vous faites vos emplettes, sans caddie, les genoux dans la terre et le front fier.

Nos bonnes adresses d’autocueillette
SELF-FRUITS PERROUD
ATTALENS (FR)
Quoi? Fraises ( début juin à fin juillet ),
framboises ( début juillet à mi-octobre ),
salades et tomates ( dès juin )
Le + : exposition-vente de 60 variétés de
courges ( fin septembre )
Tél. 079 660 33 65
PHILFRUITS
RIDDES (VS)
Quoi ? Fraises, framboises, groseilles à
maquereaux, cassis, autres petits fruits
( mi-mai à octobre )
Le + : buvette au domaine et animaux
de basse-cour pour les enfants
Tél. 079 242 79 92
FERME DE MERLINGE
GY (GE)
Quoi ? Fleurs ( dès juin ), petits fruits
type mûres, Maras des bois, framboises
( dès mai )
Le + : brunch du terroir tous les samedis
Tél. 022 759 18 73
FAMILLE GRISEL
TRAVERS (NE)
Quoi ? Fleurs : tournesols, dahlias,
cosmos, oeillets de poètes, et plantes
aromatiques en pots : basilic, romarin,
thym, absinthe... ( mi-mai à mi-octobre )
Le + : ouvert le dimanche
Tél. 032 863 16 70
FERME DE BELLEVUE
COURRENDIN (JU)
Quoi ? Fraises et framboises
( dès
juin )
Le + : étable avec des vaches
Tél. 078 633 76 31
FAMILLE NIEDERHAUSER
GALS (BE)
Quoi? Fraises, framboises, mûres,
raisinets ( dès mi-mai )
Le + : magasin à la ferme
Tél. 032 338 25 68
DOMAINE DE BARUTEL
GOLLION (VD)
Quoi ? Fraises pleine terre ( la Cléry, fin
mai à fin juin, et la Mara des bois, début
septembre à fin octobre ), framboises
( fin juillet )
Le + : allées de fraises désherbées et
paillées pour plus de propreté
Tél. 021 861 06 92

BRANCHÉS, LES AGRICULTEURS !
Pour faciliter la vie des consommateurs, l’Agence d’information agricole romande a lancé une application iPhone ( AGRI Info ) recensant les adresses de fermes romandes qui proposent la vente directe. Pratique et gratuite, elle sera disponible dès le mois de mai également en version Android. www.agirinfo.com

Balades aromatiques et cuisine sauvage
Si on nous apprend dès le plus jeune âge à manger des fruits et des légumes, qu’en est-il exactement des plantes ? Souvent foulées au pied lors d’une promenade, cueillies pour finir en bouquet ou séchées pour rejoindre notre didactique herbier, les plantes ont pourtant des vertus culinaires insoupçonnées. Si vous ne connaissez que la soupe aux orties de grandmère, il est temps de vous mettre au parfum !
Pour s’initier à la cueillette de fleurs et à leur potentiel gastronomique en toute sécurité, les balades botaniques ou excursions aromatiques sont idéales. Toujours dans l’idée de mixer activité au grand air, atelier pratique et garantie d’une bonne alimentation, plusieurs personnes proposent en Suisse de vous guider dans la nature, puis autour du fourneau. Des formules actives, gourmandes et créatives, qui feront la différence à votre prochain souper…

Stage aromatique
Jardin alpin
Flore-Alpe
Champex-Lac ( VS )
www.baladaromatiques.ch
Cueillir la montagne pour remplir sa marmite
Joindre l’utile à l’agréable : voici la gageure d’Anne-
Marie Nicolet, de l’Association Suisse des Guides
Interprète du Patrimoine ( ASGIP ), qui propose régulièrement
des journées de cuisine sauvage dans le canton de
Neuchâtel, consistant à cueillir des plantes comestibles, à
les laver et les ciseler pour les transformer en un savoureux
menu. L’occasion de changer la berce et la tomate
en carpaccio ou de concocter un moelleux flan d’orties…
Tarifs 2012: 90 fr. / pers.

Quant au Musée de l’Alimentation de Vevey,
il accueille les familles pour des ateliers de cuisine
champêtre, dans le cadre idyllique du Jardin des
Délices.
Tarifs 2012:
enfant (dès 8 ans) 5 fr.,
adulte 25 fr.
Quant à Sylvie Peter, accompagnatrice en montagne
qui tient une boutique bio à Grimentz, c’est
dans le val d’Anniviers qu’elle distille son savoir et
enseigne à « cueillir la montagne pour remplir sa marmite
». Pendant tout l’été, elle vous apprend sur une demi-
journée à identifier les plantes sauvages comestibles
autour du village de Zinal, puis à les ramasser dans le
respect de l’environnement afin de confectionner un
simple plat de céréales.
Tarifs 2012:
enfant ( 6-12 ) 15 fr.,
adulte 40 fr.
A Chandolin elle vous initie, après une marche et
une cueillette de trois heures, au pesto botanique que
vous dégusterez étalé sur du pain de seigle.
Tarifs 2012: 80 fr.
Et pour parfaire encore vos mets, elle dispense un
cours de cuisine sauvage à Zinal, sans marche, pendant
lequel vous transformerez les sauvageonnes en
canapés, soupe, gratin ou tarte.
Tarifs 2012: 80 fr. (repas de 5 plats et boisson compris)
HERBE FOLLES
Attention, comme les champignons, certaines plantes sont comestibles et d’autres très toxiques. Remettons-nous simplement en mémoire la fin tragique du jeune héros de Into the Wild, le film de Sean Penn. Habitué à se nourrir de rapines et de cueillette, il meurt dans d’atroces souffrances en confondant deux espèces de fleurs très ressemblantes...

Le plus grand jardin potager
à l’ancienne de Suisse romande
Dans le fameux parc à la française du Château de Prangins, à quelques minutes de Nyon, le jardin potager, inspiré du 18ème siècle, présente des variétés anciennes de fruits et de légumes cultivés et consommés dans la région il y a deux siècles et demi ! On y croise la drôle de poire Sept-en-Gueule, la pomme de terre Vitelotte ou encore le cardon épineux argenté de Plainpalais.
Depuis octobre 2011, un centre d’interprétation logé dans une dépendance du château explique le potager à travers un parcours ludique, interactif et gratuit intitulé « Le jardin dévoilé – Anciennes variétés, enjeux actuels ». Un audioguide (5 fr.) vous conduit dans les allées du potager pour découvrir ses richesses végétales. Une promenade indispensable pour avoir de la culture, sans jouer les bêcheurs.







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